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L'Humanité
- 13 Juillet 2002 - CULTURES
Concert. Amateur de gouaille bellevillo-toulousaine, de " musette punk manouche " et d'engagement joyeusement contestataire mais sérieusement vigilant, bienvenue !
Les Sgaboonistes, cinq ans d'existence au compteur, sympathique trio largement extensible au gré des événements et des disponibilités de chacun, lient avec talent un esprit militant à une musique mâtinée de jazz manouche, d'accordéon diatonique très " titi " parisien et de " contrebassine ". De la musique, les Sgaboonistes, avec à leur tête Sgab, nom de scène d'un Toulousain émigré à Paris à la fin des années quatre-vingt, savent en faire. Avec, côté influences, rien que du beau monde, Django Reinhardt, leur père spirituel, en tête, de la chanson française aussi (Piaf ou Brel) sans oublier le punk version Clash. En trois heures de spectacle, ils nous transportent des années vingt à nos jours, se posant en chroniqueurs sociaux, des congés payés de 1936 aux licenciements de 2001. Un show tout en chansons et en clins d'oil, avec un ton et un humour décalés, faisant du célèbre Minor Swing le swing des mineurs en grève. Compositions, reprises " arrangées ", chants révolutionnaires classiques : tout y passe.
Malgré un amour sans faille pour les bars, surtout s'ils sont à Paris et, mieux encore, à Belleville, les Sgaboonistes savent en sortir pour goûter au plein air. Mais pas n'importe lequel. Militant, le groupe est de toutes les luttes, de toutes les mobilisations : combat des McDo et leurs manifs, les Moulinex et leurs occupations, les Marks & Spencer et leur mobilisation londonienne. Dans les rassemblements, sur un camion ou un podium, les Sgaboonistes égrènent leur message anti-déprime fait de satires pleines d'espoirs généreusement anticapitalistes, appelant à une prise de conscience la plus large possible, notamment des jeunes, premières victimes de la précarité. Car l'actualité, le futur ne font pas sourire les Sgaboonistes. Avec leurs moyens, ils tentent une contre-offensive festive et joyeuse, distillant leurs chansons comme autant de petits messages, d'appels à la lutte. C'est le sens de leur spectacle du 13 juillet, " Fête nationale contre le Front national " au Café des Sports. Façon de montrer que les mots et la musique peuvent parfois combattre les idées les plus sombres.
Pierrick Le Roux
Les Sgaboonistes : bal " Fête national contre le Front national " le 13 juillet, au Café des Sports, 36, rue Sambre-et-Meuse, à Paris (métro Belleville) ; disques à la rentrée.
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Les Zgaboonistes - la fanfare des Marks & Spencer - ont renchéri : "Grâce à nos luttes
déterminées / Le Parlement va s'mettre à bouger" >>
[in Le Monde - 28.06.01 - "Robert Hue conseille
à Lionel Jospin de ne pas trop bomber le torse", Ariane Chemin]
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Auparavant, au cours de cette soirée ponctuée par la musique des Szgaboonistes, des délégués
des salariés de LU-Danone, d'AOM, d'Aventis, d'Alstom ou encore de la SFP, avaient donné leur sentiment
sur la loi en liaison avec leur lutte pour s'opposer aux licenciements le plus souvent boursiers. >>
[in L'Humanité - 29.06.01 - "Charléty
: l'esprit de suite", Dominique Bègles]
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